RÊVES
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"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule sait les rafraîchir en pleurant

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il et doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine et calme, et grave,elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues."

Paul Verlaine

 

" Les rêves peuvent être tout à fait sensés ou pour le moins cohérents et même spirituels, d'une beauté fantastique; d'autres par contre sont confus, débiles, absurdes, souvent franchement fous."

Sigmund Freud

 

La nuit dernière, j'ai fait un drôle de rêve. Un VRAI rêve qui mélangeait plein de conversations que j'avais eues dans la journée, mais qui ne se terminait pas très bien. Ça a commencé chez nous, dans la cuisine. Mammy, Margot et je ne sais plus qui étaient devant le four, nous deux près de la fenêtre. J'ai ouvert la fenêtre parce qu'il faisait trop chaud et il pleuvait dehors. Tu m'as recommandé de fermer parce qu'il neigeait; effectivement, y'avait de drôles de flocons genre des petites perpendiculaires. En fait, c'était une nuée de hiboux. On a appelé Margot pour lui montrer. En se posant dans la cour, les hiboux se sont transformés en pingouins puis en cigogne, puis en oiseaux avec des têtes de cheval, puis en différentes bêtes rigolotes et multicolores (genre un éléphant avec des jambes humaines, des girafes à tête d'enclume... qui sortaient de la cour. C'était très sympa et joli. On a alors pris la voiture. J'étais au volant, toi à côté et le gosse derrière. Mais il y avait plein de neige et j'allais trop vite. Dans un virage, j'ai méchamment mordu sur un petit monticule à droite de la route et je n'osais plus freiner.

 

Y'avais un feu dans une pente mais je l'ai grillé, puis un virage où j'ai complètement perdu le contrôle de la voiture. On s'est immobilisé devant un stand de la croix rouge. En fait, c'était un campement à Sarajevo. On est sorti de la voiture. Pendant que tu discutais, j'ai décidé de nettoyer le pare-brise intérieur (à cause de la saleté du poids lourd à Langres). J'ai trouvé une éponge avec des bouts en plastique dur qui faisaient mal aux mains et j'ai nettoyé la vitre avec du savon. Après, je rinçais l'éponge à une douche. Là, tu m'as présenté à ton capitaine Trnvo: il avait un gant en cuir à la place de la main droite et il était en train de faire sa toilette, accroupi par terre. Pendant que tu discutais avec lui, j'ai rincé l'éponge. Je me suis rendue compte que j'avais un crochet (pour accrocher les tableaux au mur) enfoncé dans le bras droit et un bout de ferraille dans la tempe gauche. Je t'ai demandé de me les enlever avec une pince à épiler de deux filles bosniaques qui étaient là pour prendre la douche, mais tu as un peu crié parce que je ne t'avais pas dit à temps que j'avais un crochet dans le bras. Là, je me suis réveillée en sueur, en me disant qu'on pourrait toujours demander aux filles de la Croix rouge de m'enlever les bouts de ferraille. Voilà. J'espère que je ne t'ai pas soûlé avec mes rêves. J'avoue que ça m'a travaillé toute la journée. Je préfère mille fois tes rêves à ça.... C'est nettement plus doux et au moins on a envie de les vivre.